Rachel en Bolivie

9 novembre 2016Rachel en Bolivie

GINKGO - Volunteers in action

 

Découvrez le témoignage de Rachel Lacaze partie en mission au Bolivie !

Voilà un peu plus d’un mois qu’a débuté mon volontariat à La Libelula, un des centres de l’ONG bolivienne Educación y Futuro, à Tarija. Etudiante à Sciences-Po Bordeaux, j’ai validé l’année dernière ma licence et j’ai peu à peu construit le projet de réaliser une année de césure avant de rentrer en master, pour faire une pause, réfléchir, découvrir ce continent qui m’intéresse depuis longtemps, bref pour beaucoup de raisons communes aux voyageurs et volontaires internationaux.

            A la Libelula, nous travaillons avec des enfants de 6 à 14 ans des quartiers défavorisés de la ville sur différents projets : des séances quotidiennes de soutien scolaire, un comedor – cantine du midi à bas prix pour les enfants – du parrainage, et une auberge de jeunes filles. Je suis principalement chargée de l’organisation du soutien scolaire d’une quarantaine d’enfants, de tous âges, chaque après-midi de la semaine.

            J’appuie aussi l’éducatrice travaillant à l’auberge des jeunes filles, qui accueille du lundi au vendredi des jeunes filles aux situations familiales diverses et compliquées allant de l’extrême-pauvreté aux abus ou à la maltraitance. De manière concrète, je les aide à se préparer le matin de 6 à 7h30 pour aller à l’école, en veillant à ce qu’elles déjeunent bien le matin, laissent leur chambre dans un état correct, ainsi que les douches, qu’elles se lavent les dents… Qu’elles aient somme toute une bonne hygiène de vie et que les adultes qui les entourent soient à leur écoute. J’appuie aussi, mais moins fréquemment ma collègue le soir, pour l’encadrement d’activités et la préparation des repas.

            La première semaine à la Libelula a été relativement difficile. Je m’attendais à appuyer la professeure de soutien scolaire locale en travaillant avec un petit groupe d’enfants. Or elle partait justement en congé maternité trois jours après mon arrivée et le centre avait donc besoin d’une nouvelle professeure pour la remplacer ; en moins d’une semaine, je suis donc devenue professeure de soutien scolaire pour 43 enfants, dont certains ont de réelles difficultés, et j’étais la seule volontaire internationale sur le centre. De plus, les premières semaines, malgré une bonne maitrise scolaire de l’espagnol, cette langue vous échappe et  vous avez du mal à comprendre les enfants, ce qui est déstabilisant. Enfants, qui comme n’importe quels autres, testent les limites de la nouvelle encadrante et remettent en cause son autorité. Tout cela, ajouté aux réveils à 5h30 ainsi que l’acclimatation alimentaire, s’est révélé assez fatiguant. Il ne faut pas oublier l’intégration progressive de normes d’éducation et de méthodes d’enseignement parfois assez différentes de celles que nous connaissons en France et qui sont dues autant au public avec lequel nous travaillons qu’à la culture du pays. Chaque volontaire doit trouver son équilibre et décider peu à peu ce qu’il va accepter, ce qu’il veut apporter et ce sur quoi il ne veut pas lâcher prise.

            Cependant, peu à peu, votre oreille se fait à l’accent chapaco, vous ne butez plus sur les mots, les enfants vous font confiance, vous trouvez une organisation et des astuces pour gérer le soutien scolaire – aidée, il faut le dire, de volontaires des lycées environnants – et le choc du début passe, et avec le recul, je le trouve très formateur. Bien sûr, qui travaille avec des enfants sait que ces derniers peuvent être turbulents et impossibles un jour, calmes et studieux le lendemain ; le travail n’est donc jamais monotone. J’apprécie mon travail ici, le lien qui se crée entre les enfants et la profe Raquel, et quand un enfant vient me demander un de mes livres pour lire après avoir fini ses devoirs, c’est à chaque fois une petite victoire.

            J’ai aussi été amené à réaliser d’autres activités sortant du cadre de ma mission : vendre des places pour la peña – la fête annuelle de l’association -, préparer cette fête et y être barmaid le soir, passer sur les chaines de télévision locales pour parler de l’association, écrire des articles pour un blog, ou encore conduire l’utilitaire du centre afin de faire les courses pour le comedor.

            Enfin, il faut avouer que le rythme de vie à Tarija est plutôt paisible et agréable et que la région offre beaucoup d’opportunités en fin de semaine pour celui qui veut découvrir les paysages andins à couper le souffle.