21 décembre 2017Un jour, une mission : chargée de communication et événementiel

Découvrez le témoignage d’Ashley, qui a réalisé une mission en tant que chargée de communication à Casablanca auprès d’Espace Bidaya. Elle nous fait part de son expérience, de ses appréhensions, de son quotidien sur place et de son ressenti après la mission.

 Voyager, partir à la découverte de l’inconnu, cela m’a toujours fasciné. Aujourd’hui, les frontières se dissipent, l’accès aux transports se simplifie : à peine 2h30 d’avion et je posais déjà un pied au « pays du soleil couchant », ma curiosité prête à être de nouveau gavée ! Mais vivre et travailler dans  un autre pays a été une aventure incomparable à tous les autres voyages que j’avais pu entreprendre. Un enrichissement de longue haleine.

Je ne pourrai dire à quel point prendre des cours de darija, le dialecte du pays, a bousculé mon intégration personnelle et professionnelle. Je le conseille vivement à tous les futurs volontaires. Les mots sont une pépinière d’informations sur la culture et l’histoire, et par un simple « Salam Sidi » de montrer son intérêt, son respect, sa volonté de traiter d’égal à égal.

D’origine vietnamienne, j’intriguais particulièrement les marocains qui ne manquaient pas de m’accoster : « You Chinese ? », « La, ana men Faransa » (Non, je suis française) « Ou nti kathkallam  l’darija mzien ! » (Et en plus vous parlez bien le darija !). Chaque jour dans le taxi, la même scène se reproduisait : yeux écarquillés, éclats de rire et à la fin du trajet j’étais devenue leur « khti », leur sœur. Certains tenaient parfois à m’offrir la course. Drôle de retournement de situation dans un pays où l’on se méfie des arnaques envers les touristes.

Cette totale immersion m’imposait de comprendre les hauts paradoxes du pays, ses couleurs, ses mille et une façons de penser. Après une arrivée rocambolesque, il a fallu jouer le jeu de Casablanca, marcher au rythme infatigable de la ville, en résonnance avec la vie marocaine. Dès lors, tout se précipita. J’ai ressenti comme une liberté folle, devant ce champ du possible qui me semblait s’élargir sans fin. Je pouvais voir toujours plus de facettes du Maroc, me connecter avec ses habitants, en apprendre toujours plus.

C’est grâce à cet état d’esprit que je me suis sentie davantage concernée durant ma mission. Il s’est reflété dans ma manière de travailler à Espace Bidaya, l’incubateur de startups sociales et environnementales. Dans cette même logique, il m’incombait de décloisonner les approches : créer des synergies entre l’équipe, les entrepreneur.e.s soci.ales.aux, les partenaires, les secteurs pour pouvoir créer de la valeur partagée. Il me semblait que c’était l’esprit Bidaya, et ma mission de chargée de communication et événementiel me permettait de créer des points de rencontre entre ces différents acteurs.

Tout d’abord, la communication avait l’objectif d’intensifier la propagation de l’économie sociale et solidaire, en montrant l’exemple de Bidaya : montrer son activité grandissante et le potentiel immense des startups incubées. Aussi, les événements organisés au sein de l’incubateur étaient ouverts à tout public, et la pluralité des thématiques voulait interpeller le plus grand nombre : de l’art à l’imprimante 3D, de l’urbanisme à la disruption numérique.

J’adorais la liberté que les équipes me laissaient dans l’entreprise de chacune de mes missions ! Les tâches étaient assez responsabilisantes pour nourrir mes ambitions professionnelles. Cependant, la charge de travail était intense et les difficultés non négligeables : lenteur administrative, problèmes de wifi paralysant l’activité de celle dont l’usage d’Internet est le cœur de métier. Je ne pouvais exiger d’avoir des résultats à court termes. De plus, fédérer une communauté de changemakers et convertir de nouveaux adhérents ne sont pas choses aisées.

Mais une chose est certaine, cette expérience a été pour ma part la plus formatrice de toutes : multiplication des supports de communication, utilisation de nouveaux logiciels ou par exemple, la gestion autonome des événements, de la définition du contenu jusqu’à sa réalisation, en passant par la stratégie de communication, le choix des intervenants, la logistique et l’animation de l’événement le jour J. De mon CV émane la fierté du devoir bien accompli !

Ce que je retiendrai surtout, c’est mon engagement qui s’ancrait un peu plus chaque jour. On ne  travaille pas chez Bidaya, on est Bidaya. J’ai été piquée par ce mouvement et je voyais que nous  devenions tous animés par cette véhémente volonté de changer les choses. En tout cas aujourd’hui,  cette conviction est restée intacte et j’ai définitivement trouvé ma place dans le monde de l’entrepreneuriat social.

Au sein de la « Bidaya Family », c’est cet espoir profond que l’on portait dans l’économie sociale et  solidaire qui nous avait réunis en ce lieu. Répondre à des défis sociaux et environnementaux, tout en  réconciliant la performance économique et l’intérêt général. J’avais conscience que cette conviction  commune nous conférait une force considérable, parce qu’on l’on grandissait ensemble dans le même sens. J’idéalisais : « Quel éclat aurait le monde, si d’autres se joignaient à cette aventure ! ».

Alors, je ressentais une grande stimulation à l’idée d’un tant soit peu, participer à aider ces entrepreneur.e.s si courageux.ses et inspirant.e.s à faire fleurir leur projet. On voyait les choses évoluer sous nos doigts, les entrepreneur.e.s plus en confiance dans leur aventure entrepreneuriale et on voyait les prémices de l’impact positif qui pouvait concrètement être produit au Maroc. Impulsion donnée, et bientôt ils battront de leurs propres ailes.

C’est une histoire collective où la magie opère… Je n’oublierai aucun d’eux. Longue vie à Bidaya !